Kunstmuseum aan zee Collecties van
de Provincie
West-Vlaanderen en
de Stad Oostende

Collectie highlights

Jean Brusselmans, Strandzicht met baadsters (en bewolkte lucht boven de zee), ca. 1934.Collectie Mu.ZEE, Oostende. Foto : Steven Decroos. © SABAM 2012

Vue sur la plage et les baigneuses

Jean Brusselmans
1884 - 1953

1934
Jean Brusselmans, Strandzicht met baadsters (en bewolkte lucht boven de zee), ca. 1934.Collectie Mu.ZEE, Oostende. Foto : Steven Decroos. © SABAM 2012
Jean Brusselmans peignit diverses toiles de femmes nues aux longs cheveux noirs, qui se coiffent ou se tiennent les cheveux. Il aborda ce thème pour la première fois en 1925 dans Femmes nues qui se coiffent. Élaborer une composition sur ce thème constituait pour Brusselmans un véritable défi. Pour souligner davantage les formes et contours de ses personnages, Brusselmans utilisait souvent des à-plats unis de couleur en arrière-plan. L’à-plat de couleur fait même parfois partie de l’histoire, comme dans Vue sur la plage et les baigneuses. La composition est structurée de façon méthodique à l’image d’un décor de théâtre, milieu que Brussselmans connaissait particulièrement bien. Pour arrondir ses fins de mois, il peignit des décors pour l’opéra et le théâtre. À l’occasion de l’exposition universelle de Bruxelles en 1935, il imagina une fresque murale dans laquelle il représenta une femme nue dans la même position que dans Vue sur la plage et les baigneuses.
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende © SABAM 2012

Le cabriolet

Constant Permeke
1886 - 1952

1926
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende © SABAM 2012
Permeke naquit à Anvers, mais sa famille déménagea à Ostende alors qu’il n’avait que 6 ans. Dans les années qui précédèrent la Première Guerre mondiale, il s’installa un temps en bord de Lys à Laethem-Saint-Martin, où il forma une deuxième école de Laethem avec Albert Servaes, Gustave De Smet et Frits Van den Berghe. Permeke était particulièrement touché par la rudesse de la vie rurale et l’attachement du fermier à sa terre. Cette sympathie profondément humaine et centrée sur le travailleur campagnard acharné occupe une place centrale dans son œuvre. Il peignit des personnages massifs décomposés en à-plats géométriques qui dégagent une imposante monumentalité. Il peignit de façon explicite des mains, pieds et visages difformes.
Photo : D. de Kievith. Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012

Les Gendarmes

JAMES ENSOR
1860 - 1949 Oostende

1892
Photo : D. de Kievith. Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012
Un conflit entre les pêcheurs ostendais et anglais dégénère un matin d’août 1887. La police et la gendarmerie ne parvenant plus à maîtriser les pêcheurs en colère, on déplore des morts et des blessés. Ensor est bouleversé par les événements. En 1888, l’eau-forte Les Gendarmes est prête à imprimer. Sur cette œuvre, Ensor sublime les faits au-delà du simple fait divers. À la morgue, les gendarmes montent la garde auprès de deux pêcheurs morts. La nonne en prière symbolise l’hypocrisie du clergé. Dans le coin supérieur droit, un juge contemple la scène d’un air amusé. Les Gendarmes est plus qu’un pamphlet social : l’œuvre fustige également contre le système répressif.
Photo : D. de Kievith. Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012

Autoportrait au crayon rouge

Leon Spilliaert
1881 - 1946

1908
Photo : D. de Kievith. Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012
Dans sa jeunesse, Spilliaert peignit toute une série d’autoportraits. Ils n’étaient au départ que de simples reflets de son apparence physique, mais ils évoluèrent ensuite en tableaux complexes mêlant la réalité, le reflet et la fantaisie. Dans Autoportait au crayon rouge, il se présente sous forme d’une silhouette noire aux yeux cernés et tient fermement un crayon rouge dans la main. Il se tient dans une pièce de la maison parentale, baignant dans une lumière nocturne, et porte un costume sombre au col droit qu’il affectionnait particulièrement. Toutes les personnes qui le rencontrèrent à son époque furent fascinées par son allure, qui trahissait son âme agitée et tourmentée.
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM Belgium 2012

La bétonneuse

WIM DELVOYE
Wervik, 1965

1992
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM Belgium 2012
Les objets et les installations de Wim Delvoye entretiennent une relation ambiguë avec l’artisanat d’art. Bétonnière baroque en bois sculpté, goal de handball en châssis rococo, bonbonnes de gaz et scies circulaires peintes façon porcelaine de Delft témoignent de l’inventivité mise par Delvoye au service de la composition d’éléments paradoxaux. Dans sa vision perspicace du rôle de l’art dans la société de consommation et de tapage médiatique, il s’attribue le rôle d’ “artiste manager”. Il confie la réalisation manuelle de ses objets aux artisans ou spécialistes les plus qualifiés.
Photo : Steven Decroos. Collection Mu.ZEE, Oostende. © Panamarenko

Pédalo de la mer du Nord

Panamarenko
Antwerpen, 1940

1994
Photo : Steven Decroos. Collection Mu.ZEE, Oostende. © Panamarenko
Pédalo de la mer du Nord représente l’apogée des expérimentations aquatiques de Panamarenko. Ce pédalo amphibie a été conçu pour permettre à une personne de traverser la mer du Nord. Le pilote prend place sur une selle à laquelle il est ficelé par différentes ceintures de sécurité. Les pédales activent une petite hélice à l’arrière de l’engin. Équipé d’une « quille » métallique de 4 mètres de long lestée par 10 kg de plomb, l’embarcation est maintenue en équilibre sous l’eau. « Pour braver les vagues, j’ai fait de mon pédalo une sorte de sous-marin qui flotte juste sous la houle. Grâce à la longue barre stabilisatrice, le centre de gravité a été déplacé pour assurer la stabilité de l’appareil. »
Photo : Steven Decroos. Collection Mu.ZEE Oostende. © SABAM 2012

L’Escaut. Hé, quelle folie agréable

JAN FABRE
Antwerpen, 1958

1986
Photo : Steven Decroos. Collection Mu.ZEE Oostende. © SABAM 2012
Dans ses dessins et installations, Jan Fabre utilise depuis le début des années 1970 comme marque de fabrique l’encre bleue du célèbre stylo à bille “bic”. Il appose sa griffe au “bic” bleu sur du papier et des objets au format de plus en plus grand, des baignoires aux châteaux entiers. Sur le fond bleu monochrome de ses dessins, il crayonne de vagues contours bleus d’animaux noctambules : chauve-souris, chouettes, insectes. La couleur bleue renvoie à ‘l’heure bleue’, le moment où les uns cherchent un endroit pour dormir et où les autres se réveillent, là où la nuit et le jour se fondent. La chouette est l’animal nocturne le plus fascinant à ses yeux et il veille sur elle comme sur une fidèle compagne.
By courtesy of the artist. Collection Mu.ZEE Oostende.

Le porteur de matelas

PHILIP AGUIRRE Y OTEGUI
Schoten, 1961

2001
By courtesy of the artist. Collection Mu.ZEE Oostende.
Porteur de matelas, une silhouette en béton de taille réelle, est un voyageur ou un réfugié qui n’emporte que l’essentiel. Malgré la sérénité qu’elle évoque, on sent tout le poids du récit tragique du réfugié dans cette œuvre. Philip Aguirre y Otegui incorpore souvent un contenu actuel et politique dans ses sculptures. Il part d’une vision profondément humaniste. Pour les volumes et les proportions de ses personnages de béton, il s’inspire d’un langage conceptuel classique.
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © Luc Tuymans

Nuages

Luc Tuymans
Mortsel, 1958

1986
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © Luc Tuymans
Luc Tuymans porte un regard quelque peu détaché sur des thèmes de société. Il nuance ses couleurs de blanc pour obtenir une palette de tons froids et pâles qui, appliqués de façon apparemment simple, traduisent une ambiance apaisée, neutre et distante. Dans ses peintures, Tuymans met en scène une représentation filtrée, cinématographique de la réalité. Car la réalité ne se laisse pas peindre aussi facilement. Cette incapacité à saisir la réalité, cet échec de la peinture, ne sont autres que l’essence de l’œuvre de Tuymans.
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012

Wat begrijpen we eigenlijk (Qu’y a-t-il à comprendre)

Roger Raveel
Machelen-aan-de-Leie, 1921

1970
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012
Vers le milieu du vingtième siècle, prenant le contre-pied de l’abstraction lyrique qui régnait en Belgique, Roger Raveel développa son propre langage pictural. Il explora l’espace par son style direct et sa palette de coloris lumineux et vivants. Il le fit, d’une part, en découpant ses toiles ou en les laissant s’épandre dans l’espace et, d’autre part, en intégrant des à-plats blancs bordés de larges cadres noirs. Il alla encore plus loin lorsque, bien avant le pop art, il intégra dans son œuvre des objets de la vie courante. Son recours à des miroirs lui permet également d’inviter dans ses toiles le spectateur et son entourage. En dédiant son art à la réalité, Raveel explore avant tout la relativité de l’expérience de la réalité.
Photo : D. de Kievith. Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012

Sans titre

KAREL APPEL
1921 - 2006

1957
Photo : D. de Kievith. Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012
À la fin des années 1950, l’artiste néerlandais Karel Appel réalise une percée internationale. Il développe son propre style inspiré du jazz et évolue dans le sens de l’art abstrait. Tout comme les autres représentants du mouvement Cobra, il s’écarte des courants artistiques dominants et cherche son inspiration dans la mythologie et les dessins d’enfants.
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012

Département des Aigles

MARCEL BROODTHAERS
1924 - 1976

1968
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012
En 1968, Marcel Broodthaers se lance dans son vaste projet intitulé Musée d’Art Moderne, Département des Aigles, son propre musée fictif. Il crée la première section, Section XIXe siècle, dans son atelier, où il dispose des caisses de transport vides et accroche quelques reproductions de tableaux. Cette démarche a donné lieu à de nombreuses discussions sur le rôle des musées et la manière de présenter les œuvres d’art. Broodthaers a formulé une critique amère de l’hypocrisie et de la soif de pouvoir de notre société. Il a mis l’accent sur l’idée, qui selon lui primait sur la création plastique. Il est en ce sens généralement considéré comme un artiste conceptuel, bien qu’il soit impossible de donner un dénominateur commun à son travail.
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © ANTOON DE CLERCK

Ce que je vis par une journée claire

ANTOON DE CLERCK
1923 - 2001

1972
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © ANTOON DE CLERCK

Quel réalisme dans les tableaux d’Antoon De Clerck des années 1970 ! Le peintre s’inspirait le plus souvent d’impressions de son quotidien. Dans Wat ik zag op een heldere dag, on est frappé par le rendu instinctif de l’éclat métallisé de la voiture, du mur de briques brut et de la surface miroitante de la vitre. L’intensité des couleurs et la lumière vive subliment la réalité et confèrent à la toile un caractère méditatif, irréel.

Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012

Un arbre pour mon fils Sammy

ETIENNE ELIAS
1936 - 2007 Oostende

1970
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012
Pour Een boom voor mijn zoon Sammy, Etienne Elias s’est inspiré du souci du détail que l’on retrouve dans les tableaux des maîtres flamands et italiens. Cette œuvre présente par ailleurs les influences incontournables des peintres naïfs tels qu’Henri Rousseau. Elias a synthétisé ces deux éléments sous la forme d’un réalisme idéaliste empreint d’interactions inattendues entre réalité et fantaisie. Etienne Elias, qui fut l’élève de Roger Raveel, a concentré son art sur le caractère pictural et l’aspect narratif. S’il doit son choix de couleurs à la “colorite” aiguë de Raveel, Elias emprunte son style et son humour aiguisé à la nouvelle génération anglaise, qui compte en son sein des artistes tels que David Hockney.
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © MARIE-JO LAFONTAINE

Belle Jeunesse

MARIE-JO LAFONTAINE
Antwerpen, 1950

1998
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © MARIE-JO LAFONTAINE
L’œuvre photographique de Marie-Jo Lafontaine consiste notamment en des séries de portraits de jeunes surdimensionnés. Couleurs saturées, fond monochrome, taille des portraits et regards perçants des jeunes donnent à ses clichés une intensité saisissante. L’alignement répétitif de portraits similaires renforce la profonde individualité du personnage représenté. De manière bien actuelle, Lafontaine nous présente la réalité sociale des enfants et des adolescents.  Identité et contact sont les mots-clés de son travail, tout comme globalisation et diversité culturelle.
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012

Torsions mobilo statique

WALTER LEBLANC
Antwerpen, 1932

Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012
L’Op(tical) art se focalise principalement sur la création d’une illusion d’optique. C’est précisément le point de départ de l’œuvre de Walter Leblanc. Dans ses “torsions mobilo statiques”, il tire des fils de coton tournés en formations parallèles ou convergentes sur la toile, de façon à créer un relief. Les œuvres semblent vibrer, elles captent et reflètent la lumière, montrent le résultat d’une étude sur la lumière et l’ombre. Les “mobilo-statics” sont formés par des bandes de plastique en torsion parallèles, généralement placées à la verticale, qui par leur mobilité virtuelle peuvent acquérir des propriétés cinétiques. Le jeu rythmique avec la lumière opéré par Walter Leblanc conserve, malgré un sens minimaliste de l’ordre, une certaine dose de poésie et d’intuition, et non dans une moindre mesure grâce au mouvement nécessaire et à l’interaction du téléspectateur dans la perception de son travail.
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © Paul Joostens

Collages, sans dates

Paul Joostens
1889 - 1960

Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © Paul Joostens
Vers 1917, Paul Joostens expérimenta différents styles modernes tels que le cubisme, le futurisme et l’expressionnisme. Il évolua dans le cercle du jeune poète Paul Van Ostaijen, qui compta notamment Floris Jespers, Oscar Jespers et Jozef Peeters. Quelques années plus tard, il emprunte sa propre voie et réalise ses peintures, dessins et collages les plus innovants et avant-gardistes. Il s’oriente alors dans le sens du dadaïsme primaire et remet l’art en question d’une manière à la fois ludique et rebelle.
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012

Slice Landscape II

Raoul De Keyser
Deinze, 1930

1970
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012
Pour sa série ‘slices’, Raoul De Keyser a créé des panneaux étroits alignés sur le mur. Il les considère comme des objets évoluant dans l’espace, à l’image de sa série précédente ‘boîtes’. Avec Roger Raveel, Etienne Elias et Reinier Lucassen, Raoul De Keyser fut l’un des représentants de la Nieuwe Visie, un courant dont il prendra progressivement ses distances, dépassant l’ode au quotidien prônée par ce dernier. L’artiste cherche à capter l’essentiel, sans toucher à la poésie. À sa propre manière subjective, il remet l’art pictural en question et lui prête des propriétés intrinsèques.
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012

Étude I

Georges Vantongerloo
1886 - 1965

1920
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © SABAM 2012
En 1918, Georges Vantongerloo signa le manifeste de la revue « De Stijl » aux Pays-Bas. Dans les années qui suivirent, il porta son attention sur la recherche de la couleur, basée sur les théories de Newton. Il tendit vers un art universel doté d’une harmonie scientifique. Il réalisa des constructions savantes à partir de lignes pures (d’abord uniquement droites, puis également courbes) et de couleurs vives. Contrairement à Piet Mondrian, Vantongerloo ne se limita pas aux couleurs primaires. Mais comme lui, il utilisa de façon prépondérante les lignes horizontales et verticales dans ses tableaux.
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © JACQUES VERDUYN

Jeune fille au transistor

JACQUES VERDUYN
Brugge, 1946

1974
Photo : AD/ART 2001 Collection Mu.ZEE, Oostende. © JACQUES VERDUYN
Pour faire coïncider le plus possible ses visuels hyperréalistes avec la réalité, Jacques Verduyn travaille avec des moulages corporels de ses modèles. Le réalisme détaillé que cette technique lui permet d’atteindre est accentué par les sculptures de coiffures et vêtements conformes à la réalité, et par un contexte formé d’objets réels. Le spectateur a l’illusion de la réalité, mais à mesure qu’il prend conscience de la nature artificielle des images, la critique des dictats de la mode (en l’occurrence celle des années 1960), de la société de consommation et de l’anonymat croissant de l’individu se fait clairement sentir.