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Mu.ZEE Romestraat 11
8400 Oostende
muzee.be

BOUTEILLE À LA MER

« Les langues sont ouvertes, se mélangent et n'appartiennent pas aux institutions ni au pouvoir. » (Édouard Glissant)

Quel a été le moment Mu.ZEE de 2015? Je peux difficilement me limiter à une image ou un moment. Le musée est par excellence un espace où art et public se rencontrent, où un grand nombre d’expériences artistiques naissent. Il s’agit là rarement de « tentations momentanées de sensibilité concentrée » ou d’une manière ardue – mais pas inintéressante pour autant – de décrire les photos séduisantes sur Instagram.

Mes moments personnels « visibles » sont : une salle d’exposition à La Mer – Salut d’honneur Jan Hoet avec Hanne Darboven, Pablo Picasso, René Daniëls, Thomas Schütte, Francis Picabia et deux « tempêtes » de Jean Brusselmans, un mur avec une série de collages de Lili Dujourie, un dessin mangbetu sur écorce laminée de L’Europe fantôme et la réflexion sur la sculpture de Rein Dufait dans Enter #2 – Strandtafels en zandhopen.
Parallèlement, nous pouvons nous demander s’il n’y a pas plus d’« invisible » que de visible dans une année muséale en général et dans l’expérience artistique en particulier. Et oui, cela peut sembler étrange pour un espace des et sur les arts plastiques. « Regarder est tellement plus complexe que penser », écrit Sacha Bronwasser. Est-il possible de parler aussi d’un « regard et d’une réflexion répartis dans le temps et l’espace » ? Dans cette édition de Bouteille à la mer, j’essaie, à divers niveaux, de passer en revue une année compliquée pour l’Europe et le Mu.ZEE, de cerner certains points sur un plan depuis différents angles : où en est le musée, quels sont nos fantômes et où est l’espoir ?

Dans son exposition solo « Plis du temps », Lili Dujourie avait accepté et partagé d’autres artistes avec le musée. Du 4 juin au 6 octobre, une collaboratrice du Mu.ZEE a adopté l’œuvre « Farben Dieses Meeres Balance (zweifach) » de Katinka Bock. Deux citrons tenaient en équilibre un mobile d’acier avec un rameau de cuivre, un petit sac en soie bleue contenant du sable et d’autres éléments. Les citrons étaient fixés à une poutre avec du fil de fer, mais ont séché après quelques jours, déséquilibrant l’œuvre jusqu’à ce qu’ils tombent par terre et que seuls de nouveaux citrons puissent rétablir temporairement l’équilibre.

Au cours de cette période, j’ai envoyé plusieurs SMS à Mieke Mels, collaboratrice scientifique et responsable de l’équilibre de l’installation : « Les citrons de Katinka sont par terre », « Le temps des citrons est arrivé », « Les citrons perdent leur équilibre », « Les citrons peuvent-ils être renouvelés une dernière fois demain ? ». Je ne pense pas que le Mu.ZEE ait jamais accueilli une œuvre que tant de nos collaborateurs ont regardée de cette manière, dont ils ont pris autant soin et qui est renée systématiquement.

Quel est le poids de l’art ? Dans une société où tout est mesuré, une question comme celle-ci reçoit parfois trop d’importance. Quel est l’équilibre recherché par l’art ? Wouter Hillaert expliquait lors de la research residency sur « Troost en Verzet » à Vrijstaat O. que l’on peut atteindre plus d’autonomie ensemble, en collaborant avec d’autres domaines autonomes. Les échanges

sur l’art sont ouverts et hétérogènes, et rien ne les arrête. Le musée est un lieu, une agora où l’on peut discuter avec les autres par le biais des œuvres d’art. Le bonheur se cache dans la créativité.

Chris Dercon, ex-directeur du Tate Modern de Londres, le formule autrement : « Il y a un conflit entre ceux qui traitent l’art comme un bien privé – dont on peut tirer profit – et ceux qui participent à l’art en tant que processus collectif et effort commun, basés sur l’inclusion et l’accès. Ces derniers renvoient à une relation qualitative, car elle est basée sur le partage, la coopération et la collaboration. L’art est, et peut être, exceptionnel de par les conversations qu’il peut stimuler, ce qui en fait un bien culturel. Nous devons rechercher les objets d’art culturels, car ils expriment l’idée d’améliorer le monde qui nous entoure. Une telle entreprise a besoin de croire à nouveau dans la critique et le jugement, sans tenir compte de l’aspect économique.»

Nous devons partir à la recherche d’œuvres d’art qui poussent à la discussion et ouvrent différentes perspectives. Cet été, Yona Friedman et A Dog Republic ont, avec Musée Promenade, mené plusieurs interventions et échanges le long de la côte. Malgré la reconnaissance internationale pour le renouvellement de cette cinquième édition de Beaufort Beyond Borders (« Au-delà des frontières »), de nombreuses instances locales ont réagi négativement à leurs interventions. Ces instances ont-elles voulu mesurer, contrôler et limiter ? C’est une des questions qui restent en suspens, car elles n’ont jamais entamé le dialogue avec les œuvres d’art.

Ou n’avons-nous en tant que musée pas assez insisté sur l’aspect participatif des interventions dans la sphère publique ? Parallèlement, elles demandent aussi un engagement et une volonté de regarder. À l’avenir, nous voulons fournir davantage de moyens et souligner le « caractère de recherche » de notre gestion des collections. Les nouveaux commentaires sur les pièces de collection requièrent analyse et interprétation, ainsi qu’un point de vue neutre et critique. Le musée est un lieu de collection ouvert.
(fin partie 1 – à suivre)

15 décembre 2015
Phillip Van den Bossche
directeur du Mu.ZEE, Ostende


Image : Otobong Nkanga, Shaping Memory, 2012-2014, Collection Mu.ZEE.

 

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