Kunstmuseum aan zee Collecties van
de Vlaamse Gemeenschap
en
Stad Oostende

 

L’exposition The Weather is Quiet, Cool and Soft présente différentes étapes du parcours de l’oeuvre de Guy Mees  (B.1935-2003) et rend hommage à la clarté du programme intuitif et conceptuel de l’artiste.
La sélection des travaux s’étend sur une période allant des premières dentelles des années 60 portant le titre générique Espace Perdu jusqu’aux derniers travaux sur papier datant de 2003. Cela comprend les oeuvres de la série des films et des photographies Portraits (Différences de Niveau), des travaux structuralistes redécouverts récemment datant de la fin des années 60, des pastels sur papier fin de 1970, ainsi que des papiers découpés également intitulés Espace Perdu vingt ans plus tard dans le courant des années 80. L’ensemble nous éclaire sur les intentions de Guy Mees qui parvint à se préserver des effets unilatéraux de l’esthétique en lui opposant une méthodologie du variable et du sensible. 

Le titre de ce projet d’exposition The Weather is Quiet, Cool and Soft emprunté à une note de l’artiste tracée de manière à peine visible sur un de ses travaux sur papier)  rend hommage à l’impermanence atmosphérique, à l’infra-ordinaire et à l’approche poétique relativiste que l’œuvre de Guy Mees contient. 
Au delà du dépouillement formel et de l’aspect rigoriste de son travail, Mees est avant tout un artiste du perceptible. Rien dans l’oeuvre ne s’abstrait de qui l’entoure, mais participe au rythme aléatoire des phénomènes et de la porosité du monde. 

En tant que membre de la “Nouvelle Ecole Flamande” en relation avec un réseau d’artistes affiliés à la néo-avant-garde internationale d’Europe, du Japon, du Nord et Sud d’Amérique (Spatialisme, Zero, Nul, Azimut/h 0, Movimento Arte Nucleare, et Gutai pour ne citer que quelques-uns) - partageant entre autres des intérêts communs pour la lumière, les structures sérielles, le mouvement et la monochromie -  Guy Mees gagna rapidement une reconnaissance en Europe dés le début des années 60.
Néanmoins, son positionnement non autoritaire et son approche conceptuelle singulière déconstruisant toute forme de classification et de hiérarchie le mène rapidement vers un itinéraire personnel alternatif. L’artiste s’engage avec précision et discrétion à libérer l’œuvre des systèmes, structures et supports dans  l’espace social et domestique.
La question de l’auteur conduit Mees à explorer à la fin des années 60 et début des années 70 une technique amateur de film et de photographie avec la série Portraits (Différences de niveaux). Ces enregistrements spontanés mettent en scène un groupe de trois personnes sur trois niveaux différents amovibles, un podium en bloc de béton cellulaire Ytong dans des environnements artistiques ou familiers – galerie, rue ou jardin entre autres - dont la banalité contextuelle ou architecturale participe à l’ensemble. La position hiérarchique des protagonistes évolue d’après le rythme des 6 positions possibles, 123, 132, 213, 231, 312, 321. La série, les protagonistes, les circonstances et les supports photographiques varient inlassablement. De là sont nés les travaux sur cartons annotés  “1,2,3 “, réalisés à partir de photographies issues de planche contact organisées d’après le tracé d’une grille comme l’ébauche d’une mathématique sensible. 
Au delà du côté absurde de ces actions machinales, ces films et photographies performés par des amis et membres de la famille  nous offrent un portrait intéressant de la scène de l’avant-garde belge gravitant  dans l’entourage de la galerie MTL (Fernand Spillemaeckers) et X-One (Marc Poirier dit Caulier), mais aussi à l’internationale comme la série des portraits avec Nicholas Serota au MOMA Oxford en 1974.

En parallèle à ce travail photographique et vidéo, ce principe de 6 positions conduit Guy Mees à une nouvelle exploration formelle de ces combinaisons d’après une charte chromatique de 6 couleurs. Il s’agit de traits aux feutres dessinés à la main et organisés en colonnes sur feuilles de papier fin (tel du papier journal)  regroupées par multiple de 3. Alors que la composition d’ensemble, l’automatisme et la répétition du motif et du geste s’apparentent à un processus mécanique proche de l’imprimerie, l’ordonnance des feuilles perd ses références et s’oriente vers une lecture purement hasardeuse.
Peu à peu les traits donneront naissance à une constellation éparse de points de couleur pastel sur une surface de papier fin dont les motifs s’échappant parfois coïncident quasiment avec le mur et ponctuent sa paroi ouvrant la voie aux plinthes peintes et aux papiers découpés  Espace Perdu des années 80.

L’ Espace Perdu en appelle également à l’idée de déconstruction du cadre, l’espace pictural se brise. Le support, la forme et la couleur fusionnent dans l’espace concret et révèlent la zone interstitielle par laquelle l’art peut rejoindre le réel comme une émanation de ce dernier.

Qu’il s’agisse des faux monochromes blancs réalisés en dentelle au début des années 60 révélant un espace intérieur et diffus ou alors les formes plus volatiles des papiers découpés épinglés au mur datant des années 80, fragments de couleur sculptant l’épaisseur et les vides de l’architecture, l’ Espace Perdu renvoit au commencement et à l’aboutissement de la pensée conceptuelle et poétique de Guy Mees,   « (…) plein de ce dont il est le résidu, plein de sa perte ». Dirk Pültau

Cette exposition à Mu.ZEE s’inscrit dans le prolongement d’un premier chapitre présenté par la curatrice à la Kunsthalle Wien (31 janvier - 9 avril 2018). A Ostende, une attention toute particulière sera consacrée à des documents d'archives ainsi qu’une nouvelle sélection de travaux redécouverts récemment. 
L’intention de ce projet consiste à saisir la clarté d’esprit d’un artiste préférant se dispenser des discours analytiques sur son travail en faveur d’une expérience perceptive.

L’exposition s’ accompagne d’une publication retraçant le parcours et le regard de l’artiste autour d’un matériel visuel récent et d’archives de Guy Mees qu’il restait à explorer. Cela comprend des documents d’archives inédits, photographies, diapositives, textes, notes et autres sources variées.

La publication est éditée par Lilou Vidal et publiée par Sternberg Press

Une nouvelle publication de facsimilés inédits dédiée à l’élaboration du texte Espace Perdu  sera editée par la curatrice pour l’exposition à Mu.ZEE


Curatrice: Lilou Vidal


L’exposition et la publication The Weather is Quiet, Cool and Soft sont le fruit d’une co-production  entre Mu.ZEE, Ostende et Kunsthalle Wien, Vienne. 



Aperçu des expositions en cours »

24/11/2018 - 10/03/2019
€ 12 individual visitor
€ 10 groups from 15 pp, 65+
€ 1 youth from 13 to 26 years
Free children up to 12 years